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DES CENTAINES DE MÉDECINS PROTESTENT DEVANT LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Nouvelles
Écrit par Mohamed Sadek LOUCIF - KAYENA   
Jeudi, 11 Février 2010 22:49
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«A vous la Sonatrach, à nous la matraque»

«A vous la Sonatrach, à nous la matraque»Un autre rassemblement aura lieu mercredi prochain devant la chefferie du gouvernement.

«Barakat, barakat», scandaient, hier, les praticiens de la santé publique devant le siège du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière à Alger. Cartons rouges brandis, les blouses blanches ont répondu en masse à l’appel au rassemblement conjoint du Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp) et du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp). «Cela montre que nous sommes des partenaires sociaux fortement ancrés dans la corporation», a déclaré le Dr Lyès Merabet, président du Snpsp. Ce dernier a indiqué que les deux organisations syndicales ont officiellement saisi le Bureau international du travail et l’Internationale des travailleurs. Ainsi, les blouses blanches accentuent la pression sur les pouvoirs publics. «Nous fonctionnons sur une plate-forme de revendications socioprofessionnelles qui, jusqu’à aujourd’hui, ne sont pas satisfaites», a renchéri le Dr Merabet. Ce dernier a rejeté en bloc, et dans le détail, les accusations de manipulation politique qui pèsent sur leur mouvement. «Nous ne répondons à aucune chapelle politique», a indiqué l’orateur.

Toutefois, ce dernier a précisé: «Nous sommes soutenus par des partis politiques de l’opposition, ainsi que ceux qui font partie de l’Alliance présidentielle tels que le FLN et le MSP». Au registre des soutiens, le Dr Merabet a cité le Parti des travailleurs, la Ligue de défense des droits de l’homme, le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique. En guise de solidarité, le Snapap a tout simplement boycotté la réunion à laquelle il avait été convié par le département de Saïd Barkat. Pour sa part, l’association El Fedjr d’aide aux cancéreux a adressé un message de soutien aux medecins. Prenant la parole, le Dr Yousfi a fustigé le déploiement d’un dispositif sécuritaire impressionnant aux alentours du ministère. «L’Etat qui est aussi pauvre dépense autant d’argent pour réprimer la contestation», a-t-il ironisé.
Le verbe tranchant, le Dr Yousfi lance: «Cela ne nous impressionne nullement. Car, nous agissons dans la transparence, nous n’avons pas de scandales à cacher. Et ce n’est pas le cas de nos gouvernants.» Sur ces propos, la foule scande: «A vous la Sonatrach, à nous la matraque.» Au terme de leurs interventions, ils ont annoncé la tenue d’un rassemblement devant la chefferie du gouvernement, mercredi prochain à partir de 10 h.

Un dispositif sécuritaire impressionnant
Tôt le matin, l’entrée principale du ministère était déjà quadrillée par un arsenal de police antiémeute qui donnait froid dans le dos. Aussi, un nombre important de véhicules de police longeaient les voies publiques à proximité du lieu du rassemblement. Au pied du Maqam Echahid, une dizaine de fourgons de la police antiémeute occupaient les lieux. Ainsi, tous les chemins qui menaient au ministère étaient «surveillés».
D’ailleurs, des praticiens venus des villes du centre du pays, pour participer à la manifestation, ont été refoulés. Ils ne vont pas participer à ce deuxième mercredi de la colère qui a bel et bien eu lieu.
La manifestation ne s’est pas limitée à la capitale. Des rassemblements et marches dans plusieurs villes du pays ont été tenus. Il s’agit entre autres, de Annaba, Constantine, Sidi Bel Abbès, Oran et Ouargla pour dire que la colère des praticiens va crescendo.

Les psychologues présents
Pour revenir à la manifestation d’hier, le Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy) a été, également, de la partie «Nous, à notre sixième rassemblement, notre action s’articule autour de deux revendications: la définition du statut du psycholoque et l’ouverture du débat sur le régime indemnitaire», a affirmé Khaled Keddad, président du Snapsy. C’est dire que les blouses blanches ne décolèrent pas. Pour faire aboutir leurs revendications, ils sont prêts à aller jusqu’au bout. «Nous maintenons la grève dans sa forme ouverte», avait affirmé le Dr Lyès Merabet. Même son de cloche chez le Dr Yousfi, président du Snpssp. Ce dernier est allé encore plus loin. Il a mis à nu l’incapacité du ministère de la Santé à apporter des solutions à même d’éviter l’impasse. Devant cette situation, les syndicats grévistes ont interpellé le ministère pour qu’il ouvre les portes du dialogue dans le cadre de la réglementation en vigueur. «La tutelle a la responsabilité d’organiser des réunions de conciliation», a affirmé a ce sujet le Dr Merabet. Pour sa part, le Dr Yousfi avait fustigé la manière avec laquelle le département de Saïd Barkat traite avec les blouses blanches en grève. En effet, le ministère avait convié les deux syndicats à une réunion de travail le jour où ils avaient animé leur conférence de presse et...à la même heure. Selon le Dr Yousfi, cette invitation fut la deuxième du genre. La première leur a été adressée pour le mercredi 3 février ou...le premier mercredi de la colère. Ce jour-là, les praticiens de la santé publique voulaient marcher de l’hôpital Mustapha-Pacha vers la Présidence de la République, mais ils se sont heurtés à la brutalité des forces de l’ordre. Tout simplement, le premier mercredi de la colère a tourné à la répression. Epouvantés, les praticiens grévistes estiment que les médecins ne revendiquent que leurs droits garantis par la Constitution. Il s’agit, entre autres, de bénéficier de la cessibilité du logement de fonction, à l’image des autres salariés de la Fonction publique. Aussi, ils demandent d’établir un régime indemnitaire à effet rétroactif à partir de janvier 2008.
Entamé le 21 décembre dernier, le débrayage des praticiens de la santé publique est à son 52e jour de grève. Un autre échec pour Saïd Barkat, après celui de la campagne de vaccination contre la grippe A. Au rythme où vont les choses, il y a lieu de se demander si le secteur de la santé ne représente pas un cas de maladie chronique.

L'Expression

 

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