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Polémique autour du roman de Mohamed Benchicou PDF Imprimer Envoyer
Rubrique - Culture
Écrit par K. Smail   
Jeudi, 05 Mai 2011 00:04
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L’ISBN se «dé-livre»

Polémique autour du roman de Mohamed BenchicouSortant aujourd’hui en France et au Canada aux éditions Michalon, le nouvel ouvrage du journaliste, ancien directeur du journal Le Matin, Mohamed Benchicou, intitulé Le mensonge de Dieu, ne sera pas disponible dans les librairies algériennes l Et pour cause !  Le livre n’a pas encore reçu l’ISBN (International Standard Book Number) délivré par la Bibliothèque nationale d’Algérie (BN) d’El Hamma, Alger, une procédure légale et administrative.

Une demande a été introduite, le 19 janvier 2011, auprès de la BN, pour l’obtention des numéros ISBN et de dépôt légal préalables à l’impression du livre de Mohamed Benchicou, Le Mensonge de Dieu. Quelques  jours après, le service concerné de la Bibliothèque nationale a informé Koukou Editions que la demande était à l’étude et que l’on  aurait exigé un exemplaire du livre avant de prendre la décision de publication.Aussi, une polémique ne d’enfler par communiqués interposés, démentis  et autres précisions  de Mohamed Benchicou, de l’éditeur  et du ministère de la Culture et ce, à propos d’une hypothétique censure.

«Je ne me tairai pas»

L’ouvrage Le mensonge de Dieu est une grande fresque romanesque où Mohamed Benchicou retrace les destins croisés d’une famille de combattants algériens se révoltant contre le colonialisme français. Une parcours initiatique et  cursif entraînant le lecteur sur les traces du peuple algérien de 1870 à nos jours. L’éditeur Michalon (Canada) qualifie le nouveau roman de Mohamed Benchicou de «livre-prière, poétique et musical, mêlant toutes les passions humaines. Un texte engagé contre l’obscurantisme, porté par un souffle épique et une puissante énergie lyrique».

Contacté, hier, Mohamed Benchicou, réagit à la non-délivrance de l’ISBN pour son nouveau livre, Le Mensonge de Dieu, et s’insurge contre ce «fait du prince» : «En 2007, le président de la République a piqué une crise à l’inauguration du Salon du livre en apprenant que j’y exposais Les geôles d’Alger qui fut immédiatement interdit. Nous nous sommes battus, mon éditeur et moi, et nous l’avons imposé. En 2008, Khalida Toumi (ministre de la Culture) a interdit mon autre livre, Journal d’un homme libre, qui fit l’objet d’une descente policière à l’imprimerie Mauguin. Elle a osé, en conférence de presse d’affirmant d’un ton cynique : ‘C’est moi qui ai interdit le livre de Benchicou !’ J’ai quand même imprimé clandestinement le livre et j’en ai mis 10 000 exemplaires sur le marché. Aujourd’hui encore, pour Le mensonge de Dieu, je ne me tairai pas. Pas devant cette voie de fait, cette pratique éhontée d’un régime totalitaire qui consiste à s’ériger en censeur des Algériens, à décider de ce qui est bon à lire pour eux et de ce qui n’est pas bon, à condamner des écrivains à être des ‘écrivains de l’exil’. Pour qui se prend la ministre de la Culture ?
Sait-elle que la censure d’une œuvre de création intellectuelle est affaire ex clusive de l’autorité judiciaire et non d’un ministre ? Sait-elle que la Constitution algérienne garantit dans son article 38 ‘la liberté de création intellectuelle’ ? On n’est plus sous le parti unique !  Je n’ignore pas que le régime a profité de la précarité qui frappe bon nombre d’éditeurs, de créateurs et d’artistes pour en faire des obligés, par l’obole ; je sais qu’il a fait du métier d’éditeur une activité de mendigots et qu’aujourd’hui on ne peut pas compter sur la profession pour réagir. Jamais je ne me ferai complice de la banalisation de l’acte totalitaire. Je dis à Mme Toumi : rétablissez  le droit d’éditer, le droit de lire, le droit d’être ! Je ne vous reconnais pas la prérogative de décider pour moi. Je combattrai l’arbitraire jusqu’à mon dernier souffle.»

Saisir la justice

Dans un communiqué transmis  hier  à la rédaction, le directeur de Koukou Editions, Arezki Aït Larbi, précise en substance : « A ce jour, le directeur de la Bibliothèque nationale n’a donné aucune réponse (à  propos de l’octroi de l’ISBN).  Au-delà de la censure d’une œuvre littéraire qu’aucun officiel ne veut assumer et de la misère politique qui l’entoure, cet épisode révèle une fois de plus la dramatique situation de l’édition, otage du zèle des chefs de bureau… Dans l’attente d’un éventuel texte de loi qui imposerait le contrôle préalable des publications, Koukou Editions confirme et maintient son refus de se soumettre à une procédure aussi sournoise qu’arbitraire. Pour lever toute équivoque, Koukou Editions réitère publiquement sa demande pour l’obtention de numéros ISBN et de dépôt légal, nécessaires à la publication du livre de M. Benchicou. A défaut d’une réponse positive ou d’explications légales pour en justifier la censure, Koukou Editions se verra dans l’obligation de saisir les tribunaux pour faire respecter ses droits.»

Il y a lieu de rappeler qu’un démenti signé par Mme Zehira Yahi, chef de cabinet du ministère de la Culture, dans notre édition d’hier, suite au communiqué de Mohamed Benchicou : «Le ministère de la Culture dément catégoriquement l’information selon laquelle Madame la ministre de la Culture aurait censuré l’ouvrage de Mohamed Benchicou, Le mensonge de Dieu. L’octroi des numéros d’ISBN et de dépôt légal est du ressort des services de la Bibliothèque nationale d’Algérie. Madame la ministre de la Culture n’a, à aucun moment, donné d’instruction pour accepter ou refuser d’octroyer ces numéros. Si cette demande a été formulée le 19 janvier dernier, pourquoi avoir attendu jusqu’au 3 mai, Journée internationale de la liberté d’expression, pour réagir ? Hasard ou nécessité de publicité ?»  

Le  directeur de la Bibliothèque nationale d’Algérie, Azzedine Mihoubi, était en conseil d’orientation hier après-midi. Nous avons tenté à plusieurs reprises de le joindre par téléphone, en vain.

ELWATAN
 

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