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Souad Massi en concert jeudi à Oran PDF Imprimer Envoyer
Rubrique - Culture
Écrit par Djamel Benachour   
Samedi, 09 Février 2013 11:50
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Souad Massi en concert jeudi à OranProgrammée ce jeudi 14 février à Oran, à l’auditorium du Méridien (Centre des Conventions d’Oran), une première halte avant Tlemcen et Annaba, Souad Massi s’est dit impatiente de rencontrer à nouveau son public algérien.

Elle s’est exprimée jeudi soir par téléphone depuis Paris pour les besoins d’une conférence de presse organisée dans le même hôtel par l’Institut français d’Oran. «J’ai un peu le trac car je sais que le public algérien est très exigent mais en même temps je suis très émue de venir chanter hors d’Alger, devant un public que je découvre déjà via les réseaux sociaux», confie-t-elle en rappelant que, depuis son départ en 1999, elle n’est remontée qu’une seule fois sur scène, au Casif et dans la salle Ibn Khaldoun en 2007.

Cette désormais première tournée algérienne  n’est cependant pas une série de concerts mettant en avant ses succès d’hier et d’aujourd’hui mais un concept musical presque inédit qui, à l’avenir, pourra peut être aboutir à l’édition d’un album.  « Chœurs de Cordoue » est né d’une rencontre et d’une complicité musicale entre elle et un guitariste gitan de Flamenco, Eric Fernandez. De l’improvisation spontanée, on est passé à la composition puis à la mise en scène grâce au théâtre des Salins de Martigues.

Le spectacle, hormis  l’accordéoniste  Alexandre Leauthaud ainsi que  les percussionnistes José Cortès et Rabah Kalfa (derbouka), intègre également des passages de danse avec  Sabrina Romero«C’est une référence à l’esprit de tolérance et de possibilités d’échanges qui a caractérisé la ville médiévale de Cordoue que j’ai découvert grâce à un documentaire et qui, à son époque, réunissait musulmans, juifs et chrétiens de tout bord et même des athées», explique l’artiste algérienne qui ajoute : «Les musulmans de l’époque ont réalisé de grandes choses dans le domaine artistique, architectural et c’est donc en même temps pour rendre hommage à toutes   ses personnes qui ont été à l’origine du développement de cette ville.» Souad Massi n’avait que 17 ans à la fin des années 80 lorsqu’elle intègre un groupe de flamenco (toute proportion gardée) algérois mais son ouverture d’esprit et sa curiosité la pousseront vers d’autres styles.

Elle a l’âme d’une exploratrice et ce n’est pas étonnant qu’elle se retrouve juste après au sein d’une formation de hard rock (Atakor). Si avec ce spectacle, elle marque une sorte de retour vers ses premières expériences musicales, elle reste néanmoins fidèle au style qui l’a révélé (folk rock mélangé à la sauce des variantes musicales maghrébines). «J’ai toujours mon groupe de rock mais j’aime bien tenter des expériences et c’est pour cela que je suis par exemple curieuse de voir ce que peut donner un échange avec des musiciens de jazz », indique-t-elle, sans doute pour  mieux situer ses futurs projets. A ses premières apparitions à l’écran (la télévision algérienne) dans les années 90, elle avait bel et bien les allures d’une chanteuse de folksong américaine et une légère influence de Tracy Chapman était perceptible dans certains de ses timbres vocaux.

Hormis la voix, le fait d’être guitariste, l’éloignait imperceptiblement de la chanson orientale et de la légère influence de Fairouz avec laquelle certains tentent de la rattacher.  Mais avec une vingtaine d’années d’expérience musicale (déjà), elle n’a sans doute plus besoin d’être comparée car elle est désormais elle-même une icône. Les duos avec les artistes confirmés qui ont rehaussé sa carrière et auxquels elle ne cesse de rendre hommage l’ont confortée dans sa sincérité d’interprétation et l’intérêt qu’il y a à aller vers l’essentiel.

De son passage à Ramallah, sur invitation de l’actuel directeur de l’IF d’Oran alors en poste  à Ramallah, elle dit garder encore un souvenir émouvant à la rencontre d’un public qui a en estime son pays. Partie en France en 1999 parce que les conditions de l’époque n’étaient pas favorables à l’émergence des artistes notamment femmes, elle n’a toutefois pas coupé les ponts avec les siens. Chanteuse à l’aise sur plusieurs registres de langue (arabe, berbère, français, anglais), Souad Massi est  suffisamment armée pour entrer dans le cœur de Cordoue.
 
                                                                                       
El Watan  

 

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