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Yasmina Khadra lors d’un hommage rendu à Albert Camus PDF Imprimer Envoyer
Rubrique - Culture
Écrit par Sara Kharfi - KAYENA   
Mardi, 02 Février 2010 02:17
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“Les pieds-noirs resteront, malgré tout, des Algériens”

Yasmina KhadraLa participation de Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, à l’hommage rendu à Albert Camus samedi dernier au centre Pompidou de Paris, n’est pas passé inaperçue.

Ne cachant pas son admiration pour l’auteur de la Peste, le directeur du Centre culturel algérien a fait des déclarations “tranchantes”. Il déclara que “Camus mérite d’être au Panthéon”, appuyant ainsi la proposition de Sarkozy qui avait déclenché une grosse polémique en France. Sur sa lancée, il n’a pas hésité à affirmer que l’enfant de Dréan (ex-Mondovi) était “le seul prix Nobel algérien” !

Mieux encore, Yasmina Khadra lança, devant une assistance visiblement ravie, un autre “projectile”. En soutenant que “les pieds-noirs resteront, malgré tout, des Algériens”, il est entré dans un discours qui ne peut laisser indifférent.
Un discours qui “coïncide” avec une nouvelle campagne de certains pieds-noirs osant réclamer à l’Algérie des compensations pour “leurs biens” d’avant 1962.
L’écrivain directeur s’est également distingué par son silence. Présent à la tribune, David Camus, petit-fils du prix Nobel 1957 et également écrivain, est revenu sur ce qui s’est passé lors de la guerre d’Algérie.
Il a commencé par remettre en cause l’authenticité de la fameuse phrase de son aïeul sur la justice et sa mère (Albert Camus avait déclaré en 1957 “entre la justice et ma mère, je choisis ma mère”, ce qui avait suscité une grande polémique). À propos de la guerre d’indépendance, le descendant de l’“Algérien” déclara : “Nous devons condamner le terrorisme pratiqué par le FLN.”

Assis juste à quelques mètres, Yasmina Khadra est resté muet sans aucune réaction. S’il n’était qu’un simple écrivain, peut-être que personne ne lui aurait reproché cette attitude. Cependant, il faut rappeler qu’il est directeur du Centre culturel algérien de Paris, soit le statut d’un officiel. L’article 3 du décret présidentiel n° 09-306 du 13 septembre 2009 indique bien que ce type d’établissement “est placé sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères”.
Il faut ajouter que Yasmina Khadra n’a pas raté l’occasion d’épingler les “responsables” algériens. En voulant expliquer les critiques subies par le défunt écrivain, il dira  qu’“ils (les responsables) n’ont pas compris Camus”. Au passage, il n’omettra pas de lâcher : “Chez-nous, on conteste la réussite.” Cette nouvelle sortie de  Mohammed Moulessehoul intervient après ses fameuses déclarations, en 2008, à un journal canadien, dans lesquelles il affirmait qu’il était “plus connu que l'Algérie”.

Toutefois, l’auteur de l’Attentat a mis un bémol à son enthousiasme “camusien”. Il a ainsi critiqué l’écrivain français. Il lui reprocha de ne pas avoir donné de “dimension héroïque” à “l’Arabe” après avoir souligné que “j’ai boudé” l’Étranger (roman de Camus paru en 1942, ndlr) comme tous les Algériens qui se respectent”.

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