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Festival de montagne de Tikjda PDF Imprimer Envoyer
Rubrique - Culture
Écrit par Sarah Haïdar - KAYENA   
Samedi, 03 Avril 2010 00:00
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Aït Menguellet ouvre le bal...

Donné ce mercredi 31 mars à Tikjda sur le terrain combiné aménagé pour l’occasion, le coup d’envoi de l’édition expérimentale du Festival de montagne s’est fait avec Aït Menguellet et Benzina.

La tête d’affiche de la première journée musicale du Festival de montagne de Tikjda est l’indétrônable star de la musique kabyle depuis voilà quarante ans, Lounis Aït Menguellet. Pour le voir, près de 3 000 personnes se sont déplacées de Bouira, de sa banlieue et même de Tizi Ouzou et de Béjaïa. L’ambiance était bon enfant malgré l’imposante ceinture de sécurité qui bordait de toutes parts le terrain combiné de Tikjda et filtrait rigoureusement les entrées. La première partie du spectacle a été assurée par le chanteur de variétés Benzina, connu surtout pour son tube d’été Ana nhabbek ya Sarah (Sarah, je t’aime), que le public n’a cessé d’acclamer. Benzina a également enchanté son auditoire avec des titres puisés dans le patrimoine arabo-andalou, hawzi et algérois.

Lounis Aït Menguellet fait ensuite son entrée sur scène avec son indispensable guitare acoustique et sa troupe de musiciens dont son fils flûtiste Djaâfar. Trois mille personnes se lèvent pour saluer en lui une mémoire vivante de la musique kabyle et une star qui n’a cessé, durant quarante ans de carrière, de faire le bonheur de millions de fans. La première chanson entonnée est l’une de ses plus belles œuvres poétiques : Thelt iyam di laâmriw (Trois jours de ma vie). Il s’agit d’un terrible condensé de toute une vie dont l’artiste ne retient, finalement, que trois jours qui ont décidé de sa destinée. Les titres s’enchaînent tout au long d’une heure et demie de chants, dont la plupart sont d’anciennes chansons de l’artiste telles que l’inoubliable et toujours populaire Keccini rouh neki adekimagh (Toi vas-t-en et moi je reste) et autres œuvres cultes du chanteur.

Séduit et émerveillé comme à chaque fois, le public a longuement applaudi celui qui restera toujours l’un des maîtres incontestés de la chanson kabyle. Poète puisant son verbe dans l’immense richesse de la langue berbère, chanteur à la voix douce et fluide, Lounis Aït Menguellet, le sexagénaire, semble encore perché sur les cimes de la gloire, réussissant toujours à attirer et à enchanter les foules. La belle surprise de cet après-midi musical de Tikjda était la présence du grand poète kabyle Ben Mohammed.

Son bref passage sur scène se voulait un hommage aux majestueuses montagnes du Djurdjura qu’il a superbement encensées dans un poème intitulé Djerdjer. Cette première journée du festival de Tikjda, qui a vu la présence du wali, M. Ali Bouguerra, et de nombreuses personnalités politiques de la région, était pleine d’émotions et de belle musique et s’avère être une preuve que cette région du pays, longtemps désertée par les activités culturelles, peut enfin renaître de ses cendres et donner à ses habitants la joie d’assister à un tel événement. Ce festival n’est qu’à sa version expérimentale. La première édition officielle aura probablement lieu au mois de juillet prochain sous l’intitulé «Les journées de l’art et de la musique de Tikjda». Ce qui réjouira les mélomanes et les jeunes passionnés de musique de cette région.

Le Jeune Indépendant

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