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ABDELAZIZ SAFSAFI, EX-INTERNATIONAL ALGÉRIEN PDF Imprimer Envoyer
Rubrique - Sport
Écrit par Said MEKKI   
Samedi, 02 Avril 2011 00:00
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«Il faut donner la chance aux joueurs locaux»

ABDELAZIZ SAFSAFI, EX-INTERNATIONAL ALGÉRIENL’ex-international algérien et ex-joueur et ex-entraîneur du RC Kouba, Abdelaziz Safsafi, veut bien que l’on donne désormais la chances aux joueurs locaux de s’exprimer en Equipe nationale et assurer la concurrence chez les Verts. Il l’explique dans cet entretien à l’Expression, tout en évoquant le prochain match retour contre le Maroc ainsi que le professionnalisme en Algérie; la situation de son club de toujours, le RC Kouba, et bien évidemment, la formation des jeunes catégories et leur suivi

L’Expression: Quels enseignements tirez-vous de ce match Algérie-Maroc?

Abdelaziz Safsafi: A vrai dire, et pour être franc avec vous, je ne peux pas regarder les matchs de l’Equipe nationale. Car, je ne peux pas rester en place. Ce qui fait que lorsque j’entends des cris pour un but ou une action digne de ce nom, je regarde alors les répétitions des actions.

Comment voyez-vous cette victoire des Verts qui les replace au même niveau que toutes les autres équipes du groupe?
Avec cette victoire, on refait surface. L’essentiel c’est d’avoir arraché les trois points. Le match retour à Casablanca sera donc capital. Avec le retour des joueurs qui n’ont pas disputé le match aller, à l’image de Bougherra, Halliche et les autres, on sera plus redoutables. Seulement, on remarque indubitablement ce manque flagrant au niveau de l’attaque. J’espère que Benchikha récupérera les Matmour et Ziani, par exemple, pour avoir un peu plus de percussion dans ce secteur important qui est le secteur offensif.
Au vu du match aller, on a remarqué qu’il n’y avait qu’un seul attaquant, à savoir Djebbour. Il faut reconnaître que c’est peu.

Quelle aurait été la solution, selon vous?
J’aurais bien voulu voir un autre joueur aux côtés de Djebbour tel Djabou, par exemple. C’est un simple avis que j’émets là-dessus. Je ne critique nullement le choix de Benchikha. Car, je crois que dans son esprit, il avait certainement voulu prendre ses précautions.

Prendre ses précautions alors qu’on joue sur notre propre terrain et condamnés à gagner les trois points?
Il ne faut surtout pas oublier que Benchiklha a été obligé de changer complètement la composante de l’équipe. Avec tous les joueurs indisponibles aussi bien en défense, au milieu de terrain qu’en attaque. Avec une équipe composée de joueurs qui n’avaient pas l’habitude de jouer ensemble, c’est un gros risque qu’a pris Benchikha. Il est donc tout à fait normal qu’il joue la prudence. La défense était constituée, en totalité, d’une nouvelle composante et c’est un risque de ne penser qu’à l’offensive bien qu’on ait un besoin pressant des trois points de la victoire. Je dirais qu’avant le match, Benchikha allait dans l’inconnu. Il avait des joueurs bien prêts, mais ils n’avaient pas l’habitude de jouer ensemble. Avec Bouzid et Antar, c’est une nouvelle paire, sans oublier, les deux latéraux également qui ont été incorporés pour la première fois avec cette nouvelle paire.

Comment voyez-vous le match retour avec le retour des anciens?
Justement, ce sera un autre match à Casablanca. Car, Benchikha récupérera ses anciens joueurs tels Bougherra, Halliche, Ziani et Matmour, pour ne citer que ceux-là. Il y aura donc une nouvelle composante avec des joueurs qui ont l’habitude de jouer ensemble et qui ont l’expérience des matchs à enjeu. Benchikha n’aura, pour ainsi dire, plus ce problème de cohésion et d’automatismes puisque les joueurs se connaissent bien. De plus, la pression sera sur les épaules des Marocains qui joueront chez eux.

Le cas de Meghni se complique et il se pourrait qu’il ne soit pas de la partie au match retour puisqu’il vient de rechuter, qu’en pensez-vous?
Il faut être clair. même si on récupérait Meghni et même s’il n’avait pas rechuté, il n’aurait pas rempli les critères qu’il faudrait d’autant qu’il manquerait sérieusement de matchs d’importance pour un niveau aussi élevé. cela fait 14 mois qu’il n’a pas joué et même s’il reprend, il sera à court. Le match à ce niveau demande plus de préparation à un joueur pour être prêt. Et comme il manque cruellement de compétition, il ne serait pas utile à l’équipe.

Etes-vous optimiste pour ce match retour qui s’annonce très difficile pour les Verts qui doivent confirmer devant cette équipe marocaine voulant à tout prix prendre sa revanche?
Je pense que nous avons une très bonne défense. D’ailleurs, l’Algérie a toujours eu comme point fort ce secteur. Si on récupère les blessés, Halliche, Bougherra, Ziani et Matmour, le match retour est jouable pour les Verts. Seulement, je voudrais bien faire une remarque à propos de Ghezzal.

Allez-y.
On lui a fait confiance pour 20 matchs. C’est-à-dire qu’on lui a donné 20 chances, mais il n’arrive pas à marquer le moindre but. Je voudrais bien voir un joueur local à sa place. Un Djabou ou un Soudani seront une bonne option. Je pense qu’il est temps de faire confiance aux joueurs locaux et surtout leur donner cette chance de jouer autant de matchs que d’autres comme le cas de Ghezzal. Donnez à Djabou ou Soudani ne serait-ce que cinq chances donc cinq matchs et puis faites votre bilan pour voir. Il faudra arriver un jour à un véritable équilibre. La concurrence engendre les résultats et surtout le développement du football.

Justement, en évoquant le développement du football, que pensez-vous du professionnalisme en Algérie?
Quand on voit les présidents de clubs n’attendre que les 10 milliards de l’Etat, je dirais donc que le «professionnalisme d’Etat» ne marchera pas en Algérie. On a l’air de comprendre que c’est seulement avec ces 10 milliards qu’on pourrait poursuivre l’aventure du professionnalisme. Alors là, je me demande ce que ramènent les présidents de clubs, eux qui menacent de boycotter le championnat s’ils n’ont pas les 10 milliards. Bon, admettons qu’ils aient les 10 milliards aujourd’hui et qu’ils ont continuer la saison, la question est toute simple: comment cela va-t-il se passer dans les années à venir? Faut-il toujours attendre l’argent de l’Etat pour travailler?
Je suis désolé, mais c’est aux présidents de clubs de se débrouiller pour trouver les ressources nécessaires pour leurs clubs.
Et si demain, ils auront cette assiette de terrain et qu’ils pourront diriger des centres de formation et des stades, il faudra bien gérer et trouver les ressources en développant des activités annexes pour assurer la survie du club.
Il faut bien définir les droits et devoirs des présidents et gestionnaires. J’espère que le cahier des charges est très explicite là-dessus. Sinon, il faudrait bien revoir ce cas de la gestion d’un club professionnel. Quand je vois par exemple, Serrar débourser 100 milliards et qu’il demande encore plus, sinon il démissionne, je me pose sérieusement la question de savoir comment vont faire les autres équipes qui n’ont même pas réussi à avoir le quart de cette somme?

Mais la formation a une grosse part dans le professionnalisme ainsi préconisé. Comment voyez-vous cela?
l’Etat doit nécessairement s’impliquer à fond et surtout relancer le processus de formation jusqu’à son terme. Je vois des jeunes formés, en passant des minimes, aux cadets, mais arrivés en juniors, ils sont perdus. Ils ne sont plus pris en charge. La preuve, que sont devenus ces joueurs sélectionnés par Ibrir et Meddane, à titre d’exemple?
L’Etat doit miser au développement de la formation et bien entendu se donner du temps. Il ne faut pas exiger les résultats au détriment de la formation, surtout dans les catégories des jeunes. On ne doit pas exiger des résultats techniques chez les jeunes. Mais, surtout chercher la bonne formation pour avoir au moins 4 ou 5 joueurs à suivre jusqu’au bout et ainsi obtenir un résultat de cette formation. Car, en cherchant uniquement les résultats à court terme, cela ne marchera jamais.

Il est évident que l’on ne peut éviter d’évoquer votre club, connu pour sa vocation de formateur, à savoir le RC Kouba. que pouvez-vous nous dire sur la situation actuelle de l’équipe?
Il ne faut pas oublier qu’au début, il y a eu le départ des joueurs, il est vrai, qui ne sont pas d’un niveau extraordinaire, mais la cohésion du groupe n’y était pas. Mais je constate amèrement que des gens à l’intérieur du club ne veulent pas que Medjahed, l’actuel coach, réussisse. Sinon, je ne comprends pas pourquoi avec ce départ des joueurs, il a tout de même pu encourager les jeunes juniors et autres pour reformer l’équipe. Il a réussi ainsi de bons résultats, mais des gens de l’intérieur du club lui mettent les bâtons dans les roues.
Je me demande vraiment pourquoi ils font ça alors qu’il a obtenu de bons résultats. De plus, je fustige la position du public qui fuit l’équipe avec ces bons résultats.
Il est vrai que le président n’a pas beaucoup de ressources financières, mais il faudrait l’aide de tous. Présidents et membres de l’équipe ainsi que du public.

Pensez-vous que l’équipe a des chances d’accéder en L1?
Ce qui m’intéresse le plus c’est l’après-accession.
Quand bien même on pourrait accéder, si on revient au même point: c’est-à-dire au manque d’argent et l’impossibilité de poursuivre l’aventure en Ligue 1 professionnelle, autant ne pas aller trop loin. Le professionnalisme n’est pas aussi facile.
Il faudra bien réfléchir avant de s’engager. Ce n’est pas indiqué d’accéder et ne pas pouvoir avoir les ressources nécessaires pour rester parmi l’élite, car ça ne servirait à rien. Mieux vaut donc penser à la formation et à propos de formation, l’Etat doit réfléchir à ce que le club soit récompensé de cette formation lorsqu’elle réussit...

L'EXPRESSION
 

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